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2026 en Iran, une année décisive ?

2026 en Iran, une année décisive ?

Conférence de Bernard Hourcade, géographe spécialiste de l'Iran, le 27 janvier 2026

« Les revendications économiques à l’origine de la révolte actuelle en Iran sont directement liées au fonctionnement et à la structure politique de la République islamique, fondée sur la corruption et l’inégalité dans la redistribution des richesses. La mobilisation fédère une grande partie de la population, y compris des soutiens traditionnels du régime. La répression est violente, d’autant plus violente que le pouvoir se sent menacé », analyse Bernard Hourcade.

Effondrement du rial. Depuis trente-cinq ans en Iran, le taux de change préférentiel (jusqu’à cinq à six fois plus intéressant) du rial face au dollar profite au clergé et à l’appareil sécuritaire (mollahs, anciens combattants, Gardiens de la Révolution) Lorsque le président Massoud Pezeshkian déclare, le 23 décembre 2025, vouloir mettre fin à ce système, le marché des changes réagit fortement. Il en résulte une hausse brutale du prix du dollar avec pour conséquence un processus inflationniste et une flambée des prix des biens de première nécessité alors que la situation économique est déjà fortement détériorée.

Du Grand Bazar de Téhéran aux provinces, la colère gronde. Bien que traditionnellement conservateurs et proches du pouvoir, les commerçants du Grand Bazar de Téhéran, bénéficiaires du système à la marge, ferment boutique, le 28 décembre 2025, en signe de protestation. Ce mouvement de colère va se propager rapidement. En effet, commencé sur le marché des téléphones portables, il s’étend à d’autres secteurs du Grand Bazar puis aux étudiants, aux provinces, en particulier celles de l’ouest de l’Iran. Il atteint aussi à des bastions traditionnels du régime. L’Institut israélien d’études pour la sécurité nationale (INSS) a cartographié plus de 550 villes sur les 2 400 que compte l’Iran secouées par les manifestations. En revanche, la coupure d’Internet rend difficile l’estimation du nombre de manifestants. Rappelons que le groupe des petits commerçants était l’un des fers de lance de la contestation contre le Shah en 1979. Leur retournement marque un tournant et c’est sans doute pour cette raison que les oppositions sont aussi descendues dans la rue.

La coupe est pleine. Après quarante-sept ans de République islamique, il y a une accumulation de frustrations dues à la corruption, à l’inégalités dans la redistribution des richesses, à une économie qui va à vau-l’eau, à une évasion massive de capitaux... Les manifestations de 2017, 2018, 2019 ont mobilisé les classes populaires. Celle de Femmes, vie et liberté (2022 et 2023) a surtout mobilisé les femmes en milieu urbain ainsi que les jeunes et portait, entre autres, sur l’opposition au port obligatoire du voile. Aujourd’hui tout le monde est concerné. La coupe est pleine et la colère, d’abord économique, s’est muée en mouvement politique. C’est bien le cœur du régime et ses élites qui sont mis en cause comme en témoignent les slogans des manifestants : Mort au dictateur. Si les manifestants rejettent la République islamique, ils sont en revanche attachés au pays : Iran, Iran, Iran !

Il faut combattre les émeutiers. Les Gardiens de la Révolution ne s’attendaient pas à un mouvement d’une telle ampleur. Ils ont envoyé en première ligne les Bassidjis (milices de volontaires). Peu formés au maintien de l’ordre, ces derniers n’hésitent pas à tirer sur les manifestants. La répression est sanglante. Les ONG et les médias parlent de dizaines de milliers de morts. Les estimations varient entre 16 500 et 30 000 morts. Le régime admet un nombre de morts entre 2 000 et 3 000. Pour Bernard Hourcade, la stratégie de désinformation visant à masquer l’ampleur de la répression expliquerait cette disparité.

« Dans l’Islam, on ne fait pas ça ! ». L’ampleur et la brutalité de la répression (tirs sur les manifestants, arrestations massives…) sont en contradiction avec les principes de l’islam, précise Bernard Hourcade. Il rappelle aussi que la révolution de 1979 promettait « indépendance, liberté et République islamique » alors que la réalité est aujourd’hui tout autre : corruption, répression, privation de libertés. Cette violence qui trahit les règles les plus élémentaires de l’Islam, - la justice sociale et le respect de la dignité humaine -, expliquerait, en partie, la radicalisation du mouvement de contestation.

Absence d’unité politique et de cohésion idéologique. Les protestations ont mobilisé toutes les couches de la société mais cette diversité ne s’est pas traduite par une unité politique et une cohésion idéologique. Les revendications sont plurielles : économiques, sociales, ethniques. Les manifestants sont divisés entre réformistes, conservateurs, minorités ethniques, groupes radicaux. Aucun leadership ni programme commun ni vision commune d’avenir n’émergent. De plus, le régime, ayant surmonté de graves crises dans le passé, est un système résilient qu’il ne faut pas sous-estimer.

L’influence d’éléments exogènes ? Si les protestations en Iran sont principalement motivées par des facteurs endogènes, des éléments exogènes exercent une influence, qui reste toutefois limitée, sur la situation iranienne : le soutien du Mossad aux Iraniens, la pression des opposants exilés, l’émergence « providentielle » de la figure du fils du Shah, Reza Pahlavi, soutenu par des cercles israéliens ou américains, les menaces d’intervention de Donald Trump et ses déclarations laissant entendre qu’un renversement du régime « serait la meilleure des choses qui puisse arriver » ou, comme il l’écrit sur sa plateforme X, « L’Iran aspire à la liberté, comme peut-être jamais auparavant » et que « Les États-Unis se tiennent prêts à aider ! ». Ces éléments donnent du grain à moudre au régime qui les utilise pour dénoncer des ingérences étrangères et pour davantage réprimer tout en tentant d’unifier ses soutiens internes.

« Le retour du fils du Shah n’est pas le cœur du sujet ». Contrairement à Khomeini qui avait développé un vrai réseau de mosquées, Reza Pahlavi n’a aucun réseau politique et ne bénéficie pas d’un soutien populaire massif. De plus, le mouvement actuel exprime des aspirations démocratiques, économiques et sociales qui dépassent largement la question monarchique. De plus, comme il affiche une proximité avec le gouvernement de Benjamin Netanyahou, le régime en profite pour le « disqualifier ».

Une situation complexe et incertaine. Les mollahs n’ont pas de solution. Ils ont été tenus en échec par les femmes (abolition du port du voile) dont la mobilisation (2022 et 2023) a érodé leur légitimité, et malgré la répression brutale dont elles ont été victimes, leur résistance est un défi pour la République islamique. Les Gardiens de la Révolution sont une nébuleuse. Ils sont affaiblis par leur défaite dans la guerre des douze jours face à Israël et aux États-Unis (2025). Éviter l’effondrement économique du pays. Pour cela, le pays a grandement besoin de capitaux étrangers mais le régime, les sanctions et le contrôle des Gardiens de la Révolution sur l’économie sont autant d’obstacles.

Enjeux politiques et géopolitiques. Le Hezbollah a subi des défaites militaires et ces revers ont sapé la crédibilité de l’Iran comme puissance régionale. Si ce dernier demeure un allié de l’Iran, il n’occupe plus une place centrale dans la stratégie iranienne, l’Iran donnant la priorité à sa sécurité intérieure et privilégiant la protection de son territoire et de ses frontières. Bernard Hourcade parle d’un « repli nationaliste ».

Une intervention militaire extérieure ? « Nous n’avons jamais vu de changement de régime à coups de missiles » nous dit Bernard Hourcade. Une guerre internationale ? On déplorera encore plus de victimes, et cette hypothèse pourrait conduire à un sursaut nationaliste pour la défense de la patrie. De surcroît, les États voisins de l’Iran y sont opposés craignant une escalade dans la région.

Les négociations entre l’Iran et les États-Unis. L’Iran cherche à lever les sanctions qui asphyxient l’économie du pays en relançant les discussions sur le nucléaire mais les exigences américaines et les divisions internes iraniennes créent des blocages. Bernard Hourcade explique que ces négociations sont « une bombe à l’intérieur du système politique iranien ». Si les réformateurs voient l’occasion de lever les sanctions, les conservateurs considèrent que toute concession trahirait les principes même de la Révolution islamique, et pour les Pasdarans, qui contrôlent l’économie, ce serait une capitulation…

En dépit de sa rhétorique agressive, Donald Trump ne veut pas tuer l’Iran. Avec ses réserves de pétrole et de gaz qui représentent des opportunités financières, le pays est un enjeu important. Quant à la Chine : elle veut faire de l’Iran, - qui lui fournit du pétrole -, un hub stratégique sur les plans économique, logistique et énergétique.

Enfin, le régime iranien demeure divisé sur les alliances géostratégiques. Certains sont prochinois, d’autres contre les États-Unis et l’Europe, d’autres encore pro-occidentaux…

Quelle issue ? Un Bonaparte iranien ? On ne voit, pour l’instant, aucune solution s’imposer. Pour Bernard Hourcade « une solution sérieuse et solide ne pourra émerger, que de l’intérieur du régime ». Il faudrait une personne capable de mettre fin au chaos politique, de contrôler les Gardiens de la Révolution et les mollahs, tout en ayant l’adhésion de la population pour organiser des élections et conduire des réformes… « un Bonaparte iranien ! » mais qui pourrait l’incarner ?

Notes de Geneviève Tinturier

Les samedi 20 et dimanche 21 février ont été marqués par une reprise de la mobilisation, notamment étudiante, et par la poursuite de la répression. La pression internationale et les menaces militaires américaines s’intensifient, tandis que des pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis se poursuivent sans aboutir à un accord.

Samedi 28 février 2026, Israël et les États-Unis conduisent des frappes contre l’Iran, opérations « Roaring Lion » (Israël) et « Epic Fury » (États-Unis). L’Iran riposte avec l’opération « Promesse honnête 4 ». Annoncée par D. Trump, la mort du guide suprême Ali Khamenei est confirmée par Téhéran dimanche 1er mars.

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