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Un monde incertain

Un monde incertain

par Jacques André Troesch, président d'ARRI, conférence à l’université Paris Est Créteil – IAE Gustave Eiffel, Jeudi 7 décembre 2017.

Donald Trump vient de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Cette nouvelle est relativement inquiétante, car elle illustre à quel point les situations peuvent changer rapidement. Nous sommes au cœur d’une période charnière de notre Histoire moderne. Il est aujourd’hui extrêmement difficile de savoir quelles seront les lignes de force qui guideront notre avenir. Dans le monde dans lequel nous vivons, les incertitudes sont multiples. Nous pouvons nous intéresser à trois d’entre elles : la transformation de l’économie, la remise en cause des relations internationales et du modèle classique de la démocratie.

I - La transformation de l’économie mondiale

Cette transformation se manifeste de plusieurs manières :

L’économie mondiale subit une révolution technologique à travers l’émergence de l’intelligence artificielle, du Big Data, et des réseaux de plus en plus puissants, qui devraient conduire à une amélioration et une aliénation aux conséquences complexes sur l’Homme. Personne ne maitrise cette révolution technologique, et son issue à terme demeure très incertaine.

La mondialisation des échanges : la réduction des barrières douanières, voire leur suppression dans certaines régions du monde, a favorisé le développement de grandes sociétés internationales dans des secteurs classiques (énergie, mines) et plus nouveaux (Gafa). Ces entreprises, même si elles sont rattachées à un pays dans leur forme juridique, se projettent en réalité sur l’ensemble du monde sans se préoccuper des réalités nationales. La libéralisation des échanges financiers au plan mondial est intervenue beaucoup plus tardivement que la libéralisation des échanges de biens. Autrefois, les systèmes bancaires restaient contrôlés par les gouvernements nationaux. Aujourd’hui, ils ne couvrent plus seulement leur marché national, mais également le monde.

L’enjeu climatique : si l’on sait que cet enjeu est fondamental, il est en revanche difficile de prévoir l’amplitude et les conséquences réelles qui en résulteront. Il existe beaucoup d’incertitudes à ce sujet. Par exemple, adopter le modèle des voitures électriques est-il viable sur le long terme ? Avec quelle batterie ferons-nous tourner ces véhicules ? Dans quelle mesure les batteries sèches permettront-elles d’obtenir les mêmes performances que les batteries au lithium ? 

On peut observer une tendance des États à vouloir contourner le système des échanges mondiaux, par la maîtrise des technologies et le retour à des logiques de repli (protectionnisme et bilatéralisme). Par exemple, la Chine cherche à maîtriser les réseaux sociaux mondiaux pour pouvoir mieux contrôler les données individuelles, et maintenir sa souveraineté par ce biais.

Cette accélération des échanges a entrainé une série de conséquences multiples, parmi lesquelles une remise en cause notable du système de relations internationales qui était en place depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

 

II - La mise en cause du système de relations internationales mis en place après la Seconde Guerre Mondiale

De plus en plus, les Etats ont tendance à se soustraire aux règles internationales bâties au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, s’accompagnant d’un retour au nationalisme. Cette tendance se manifeste en particulier par la remise en cause des frontières héritées de la Seconde Guerre Mondiale (Ukraine, Russie, Kosovo, Ossétie du Sud et du Nord).

Face à ce phénomène, les organisations internationales sont relativement impuissantes : lorsqu’elles prennent des décisions, on ne peut pas savoir si elles seront appliquées ou ignorées. Par ailleurs, leur légitimité et leur efficacité sont de plus en plus contestées. Par exemple, l’intervention franco-britannique en Lybie pour protéger les populations civiles a abouti à une situation bien pire que celle qui existait.

Dans le même temps, on peut relever une tentation de créer des organisations parallèles, à l’image du groupe de Višegrad (Hongrie, Slovaquie, Pologne, République Tchèque) à la coloration très nationaliste. De même, la Banque asiatique, créée par la Chine, constitue un modèle alternatif à la Banque mondiale. La France et l’Allemagne ont décidé d’y adhérer, car elles ont pris conscience du handicap que leur absence représenterait pour les entreprises, au regard de sa capacité d’investissement considérable.

La remise en cause croissante du système classique de relations internationales s’accompagne d’une tentation de s’éloigner du modèle classique de la démocratie occidentale, pour se tourner vers des modèles plus autoritaires.

 

III - La fragilisation du modèle classique de la démocratie

On assiste à la tentation de la démocrature, régime autoritaire et totalitaire qui conserve l’apparence d’une démocratie. Force est de constater qu’un régime autoritaire peut accéder à un développement économique considérable, à l’image de la Chine et de la Russie. Certains pays en développement sont peu enclins à poursuivre sur la voie de la démocratie classique, compte tenu des échecs successifs de ce modèle et sont tentés de suivre le modèle offert par ces deux pays.

Le renforcement de l’identité religieuse accentue cette tendance à la démocratie autoritaire : christianisme orthodoxe en Russie, bouddhisme radical en Birmanie, poids de plus en plus important de l’hindouisme en Inde, renforcement de l’islam en Indonésie, etc.

 

Comment réagir face à ces incertitudes ?

Il faut être prudent en ce qui concerne l’action politique extérieure. L’ingérence humanitaire au nom des droits de l’homme, lancée par François Mitterrand, n’a pas eu que des impacts positifs. Il est nécessaire d’être en état de veille et de vigilance, d’accepter de voir les évolutions qui façonnent notre monde actuel, et de ne pas hésiter à réagir lorsqu’elles peuvent se révéler préjudiciables à l’avenir de l’Europe ou du monde.

 

Compte-rendu de Caroline Dupé, Léa Gagnet, Jordan Da Silva

Etudiants du Master II GRH (gestion ressources humaines à l’International)

Université Paris Est Créteil – IAE Gustave Eiffel

 

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