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Après déjeuner, nous nous rendons à l’Institut Culturel Français, où le Consul général adjoint Guillaume Audren de Kerdrel, nous a organisé une grande table ronde avec beaucoup de professionnalisme et de gentillesse.
Table ronde à l’Institut Culturel Français
Pascal Filiu-Derleth, Directeur de l’Institutculturel : Munich, métropole culturelle
Munich compte parmi les métropoles européennes. En tant que capitale royale d’un « Etat libre » à l’identité très affirmée, Munich possède des institutions historiques puissantes, en particulier un opéra au budget de 130 millions d’euros, plusieurs théâtres prestigieux, trois pinacothèques qui constituent un des ensembles les plus importants d’Allemagne consacrés à la peinture ancienne, classique, moderne et contemporaine et récemment le musée Brandhorst.
L'Etat de Bavière consacre chaque année près d'un demi-milliard d'euros à l'art et à la culture, finançant la protection des monuments historiques, les très nombreux festivals tels que Bayreuth – Wagner -, Würzburg –Mozart -, et Nuremberg – festival d’orgue -, des orchestres réputés, de très nombreux théâtres, opéras, musées et édifices classés.
A Munich même, le Gasteig est le plus grand centre culturel d’Allemagne, avec 6000 visiteurs par jour ; il abrite la plus grande école du soir d’Europe, la plus grande bibliothèque municipale d’Allemagne ainsi qu’un orchestre philharmonique. Le Filmfest est le 3ème festival d’Allemagne et le cirque Krone, un des plus grands cirques d’Europe. Munich est aussi la capitale de l’édition en Allemagne, et certaines grandes entreprises comme Siemens et BMW, sont extrêmement actives en matière de mécénat.
L’offre culturelle est d’une grande diversité. Selon Heinrich Heine, "Munich est lovée entre l’art et la bière comme un village entre deux collines". Lors de l’Oktoberfest –6 millions de visiteurs-, les Dirndl et culottes de cuir sont portés par référence à un passé agricole, mais par des urbains qui s’en amusent, dont des Asiatiques et des Africains !
Munich a également développé tout un ensemble d’institutions s’adressant aux jeunes générations, dont un grand nombre de clubs de musique électronique et la plus grande discothèque du sud de l’Allemagne. Cette culture est parfois teintée d’éléments « alternatifs », un peu analogue au phénomène bobo à Paris.
Jean-Luc Steffan, Attaché de coopération scientifique et universitaire : Enseignement supérieur, Recherche, Innovation
Dans le domaine de l’enseignement supérieur la Bavière dispose de 9 universités d’état, 1 université militaire et 1 université catholique et 17 écoles supérieures spécialisées auxquelles auxquels il faut ajouter divers autres instituts supérieurs : beaux arts, musique, théâtre, techniques du cinéma et de la télévision, institut supérieur d’études politiques, institut supérieur d’administration publique. 270 000 étudiants y étudient.
Les deux établissements les plus importants sont la Ludwig-Maximilians-Universität München = LMU (45 000) et la Technische Universität München =TU München, avec 24 500 étudiants. Ilsoccupent les rangs 55 et 57 dans le dernier classement dit de Shanghai (premières universités allemandes de la liste).
La France est au premier rang des partenariats avec les universités bavaroises (près de 400 partenariats). La Bavière compte une quarantaine de doubles-cursus bi-diplômant entre établissements bavarois et français (pour environ 180 double cursus franco-allemands recensés), dont la plupart sont labellisés par l'université franco-allemande (UFA).
Pour l’année 2008/2009 : 750 étudiants bavarois ont étudié au moins un semestre à l’étranger dans un établissement d’enseignement supérieur (Erasmus ou DD), et 560 Français en Bavière.
Dans la recherche universitaire, la Bavière a un excellent positionnement international, la TU München et la LMU ont été distinguées pour leur recherche de pointe dans le cadre de la fameuse « initiative d’excellence » menée au niveau fédéral sur 6 ans (2006-2011). En tout ce sont 9 universités allemandes qui ont ainsi été distinguées.
La recherche extra-universitaire en Bavière est tout aussi brillante :
· 3 InstitutsHelmholtz (physique des plasmas, un centre du DLR -Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt-, un centre pour l’environnement et la santé)
· 12 Instituts Max-Planck, (Psychiatrie, Physique, Neurobiologie, Biochimie, Optique quantique, Astrophysique, Droit d’auteur et de la compétition)
· 7 Instituts Fraunhofer, (Commutations intégrées, Fiabilité et micro-intégration, Systèmes intégrés et technologies des éléments de construction, Recherche sur les silicates, Système des techniques de communication, physique du bâtiment, Technologie des procédés et emballages)
· 5 Instituts Leibniz(chimie alimentaire, Deutsches Museum, Musée national germanique, Institut de recherche économique, Institut d'histoire.
La Bavière était en 2008 au deuxième rang pour le dépôt de brevets en Allemagne : 27,5% (soit 13528 brevets déposés). C’est d’ailleurs à Munich qu’est le siège de l’Office européen des brevets.
Citons quelques points forts de la recherche bavaroise :
- Les biotechnologies : avec les campus de Martinsried (santé humaine), Weihenstephan (agronomie, environnement et alimentation)
- La physique nucléaire et quantique sur le campus de Garching : la source à neutron de la Technische Universität München est devenue la seconde installation de ce genre en Europe après l’institut Laue-Langevin de Grenoble
- le diabète, avec la création au centre Helmholtz de Munich d’un nouveau centre national pour la recherche sur le diabète ; l’état fédéral y investira plus de 300 millions d’euros.
- la physique de la lumière, avec un nouvel institut Max Planck à Erlangen. L’état de Bavière contribue à hauteur de 66,5 millions €.
- la maladie d’Alzheimer. Un réseau européen pour son étude devrait voir le jour en Bavière sur le site de Großhadern-Martinsried à Munich.
- enfin l’extension du centre de calcul « Leibniz » (« LRZ ») à Garching, avec un calculateur de nouvelle génération en 2011, devrait donner naissance à l’un des plus grands centres de calcul en Europe. La Bavière contribuera pour 55 millions d’euros à ce projet.
Dans le domaine de l’INNOVATION, le gouvernement de Bavière a lancé en 2006 le programme « Cluster Offensive Bayern » pour encourager, sur le modèle des pôles de compétitivité français, les synergies entre les différents acteurs de l'innovation : 19 clusters thématiques réunissent plus de 6000 entreprises. Un rapprochement avec les pôles français a été marqué en avril 2008 à Munich par le premier forum franco-bavarois de l'innovation et de la compétitivité autour de thématiques communes (les TIC, le spatial, les nouveaux matériaux et l'énergie).
La Bavière investit 2,9% de son PIB dans la recherche et l’innovation et prévoit de porter ce pourcentage à 3,6% d’ici 2020.
La COOPERATION FRANCO-BAVAROISE : le Bureau de coopération universitaire (BCU), avec l'Attaché de coopération scientifique et universitaire, et le Centre de coopération universitaire franco-bavarois contribuent à la mise en place de partenariats et animent différentes initiatives, dont l'université d'été franco-allemande, qui a réuni en juillet 2009 une trentaine de jeunes chercheurs autour du thème « L'avenir de la mobilité ».
Jean-Pierre Théraud , Attaché de Presse et de Communication : L'économie bavaroise et "la sortie de crise" (notes de Philippe Marchat)
Presqu’aussi grand que les régions PACA et Rhone-Alpes réunies (quelques 70 milliers de km²) et légèrement plus peuplée (12,5 millions d’habitants), la Bavière représente près de 20 % de la surface de l’Allemagne et 15,2 % de sa population (82,2 millions). Avec 446 Mds d'euros en 2008, elle a créé 18% du PIB de la République fédérale. 6,6 millions d'actifs y ont contribué. 31,5% du PIB bavarois ont été créé par son secteur manufacturier, fortement orienté vers les technologies de pointe, dépassant de loin les 18,7 % de l'ensemble allemand, tandis que son secteur tertiaire, qui regroupe commerce, transports, organismes financiers, d'assurances et services divers, correspond à la moyenne allemande, 17,5%.
Les exportations ont, pour la quinzième fois consécutive, atteint en 2008 un niveau historique de près de 156 Mds d'euros, 15,7 % de celles de l'Allemagne. Tournées pour plus de 61 % vers l'Union européenne, le reste se répartissant dans le monde, elles ont eu, en 2008, pour premiers clients les Etats-Unis, l'Autriche, l'Italie, et, au quatrième rang, en légère croissance, la France. Les importations, de 130 Mds d'euros, soit 16 % du total allemand, ont laissé un excédent de 26 Mds qui, comme le taux élevé (48 %) des exportations, confirme à la fois la forte orientation sur l'étranger et la grande compétitivité de l'industrie bavaroise. Après sa voisine l'Autriche, les principaux fournisseurs sont, par ordre décroissant, la Chine, l'Italie, les Etats-Unis, la République tchèque, et, en septième position cette fois, après une baisse de 1,7 % en 2007, la France.
Ces résultats tiennent également à la proportion, plus forte en Bavière qu'en Allemagne dans son ensemble (47,2 %), d'actifs (50,3 %), et de professions indépendantes (12 % contre 10,7 %). La dynamique d'embauche y est supérieure à la moyenne fédérale, ce qui explique le nombre record de 4,5 millions de salariés sur 6,64 millions d'actifs, ainsi qu'une situation de l'emploi favorable.
En 2008, ce Land méridional avait le plus bas taux de chômage : 4,2 %. Il n'était pour les chômeurs de longue durée que de 2,5 %, contre 10 % à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie orientale. Pour les jeunes, ce taux, de seulement 3,6 %, était le plus faible de tous les Länder, grâce, notamment, à la convention signée entre l'organisation patronale Bayerische Metall-und Elektroindustrie et le syndicat IG-Metall Bayern, destinée à multiplier les postes d'apprentis. Elle prévoit à cette fin un engagement volontaire des salariés à contribuer au financement de la moitié de la rémunération brute totale d'un apprenti, soit en moyenne 40 000 euros, le patron finançant l'autre moitié. En cas d'insuffisance de cette part salariale, limitée à 0,1 % du salaire brut annuel, le patron se charge de la compléter. Ce modèle a permis de créer 1115 postes d'apprentis en 2007.
La Bavière a été, à son tour, frappée en octobre 2008 par la récession. Le chômage a cru de 25 % en un an, et l'amortisseur bénéfique qu'est le chômage partiel (l’Etat fédéral finance la moitié des salaires) touchent maintenant aux limites des budgets publics et des trésoreries d’entreprises, alors que se réduisent leurs chiffres d'affaires. Cinq axes ont été retenus pour retrouver la croissance. Ils visent à réduire la pression fiscale pesant sur les entreprises, à les libérer des entraves bureaucratiques, à encourager l'investissement et l'innovation pour leur permettre de gagner de nouveaux marchés, à soutenir l'éducation, la formation professionnelle et la recherche, et, enfin, à développer et moderniser, les infrastructures.
Les grandes lignes de la loi de finances rectificative 2010 retenus par le Parlement bavarois prévoient une enveloppe de 5,7 Mds € au titre des investissements et une augmentation des dépenses sociales consacrées aux familles et à l'éducation – celles destinées à l'école passant de 8,9 Mds en 2009 à 9,3 Mds en 2010 ; de 2008 à 2011, l'éducation, la recherche et les technologies recevront 1,7 Md d'euros, et, d'ici 2020, les dépenses des deux secteurs public et privé en faveur de l'emploi et de la recherche devraient atteindre 3,6 % du produit national. Le financement prévoit la mobilisation de réserves d’un Md € et exclue un nouvel endettement. Ce qui devrait faciliter la "sortie de crise".
Nous nous déplaçons ensuite de concert à la Résidence du Consul Général de France, Monsieur Stéphane Visconti, qui nous accueille avec aménité. |