COMPTE RENDU

    

VOYAGE A MUNICH (26-29 novembre 2009)

 

Nous sommes partis à Munich avec un triple but : connaitre la situation socioéconomique du plus grand des Länder allemands, découvrir le charme de cette grande capitale culturelle et des paysages  hautement touristiques qui l’entourent, et comprendre la spécificité jalousement cultivée de l’ « Etat libre » de Bavière. Pourquoi  le parti CSU à côté de la CDU ? Les rencontres de notre première journée vont largement répondre à notre attente.

 

Bayerischer Landtag: rencontre avec le Député Alexander Radwan

Monsieur Radwan, ingénieur aéronautique et avocat, est membre de la CSU depuis l’âge de 24 ans ; député européen de 1999 à 2008, il est depuis 20.10.2008 élu à la Diète bavaroise et membre des  commissions du budget et des affaires fédérales et européennes.

La CSU est l’unique représentante des Chrétiens-Démocrates en Bavière au terme d’un accord conclu il y a 40 ans entre la CDU et Franz-Joseph Strauss. Elle envoie des députés au Parlement européen et au Bundestag à Berlin, où elle défend les intérêts bavarois.

Comme exemple de divergence entre la CSU et la CDU, Monsieur Radwan cite l’élargissement de l’Union européenne à la Tchéquie : la CSU a défendu les intérêts des expulsés sudètes et notamment la question d’un dédommagement des expropriations. Elle a demandé des négociations supplémentaires, refusées par la CDU. Autre point de divergence, « l’affaire Steinbach » : la Pologne s’oppose à ce que Erika Steinbach, Présidente de l’Association des Expulsés/réfugiés, préside le Comité chargé de la réalisation à Berlin d’un monument commémorant leurs épreuves; la CSU a défendu la liberté de choix du Comité ; l’affaire n’est toujours pas réglée.

Monsieur Radwan est convaincu que l’Europe n’a d’avenir que  si on laisse subsister les régions, leurs différences et leur culture. Il refuse une centralisation rampante introduite par Bruxelles via Berlin. Au contraire, un contact direct avec les instances communautaires pourrait aider à régler certains conflits ethniques régionaux, par exemple en Ecosse et en Tyrol du Sud.

Il y a un grand consensus avec les socialistes bavarois sur une Europe des régions. Il remarque d’ailleurs que l’Allemagne et la France sont d’accord pour ne pas donner trop de compétences à Bruxelles… Mais il ne faut pas être trop critique vis-à-vis des Institutions européennes, nos pays sont trop petits vis-à-vis des Etats-Unis et de la Chine et doivent travailler ensemble pour être entendus dans le monde.

Il condamne la concurrence déloyale entre pays européens, telles que les négociations commerciales avec la Chine en 2004 : suite à l’acceptation par le Président Chirac du non-respect de la propriété intellectuelle, Siemens a été écarté du marché au profit d’Alstom. Renchérir les uns contre les autres est contre l’intérêt européen et nous affaiblit.

La France souhaite une gouvernance économique en Europe, or le pacte de stabilité n’est pas respecté ; pourquoi aller plus avant si les Etats-membres ne se conforment pas aux lois existantes ?

Concernant la crise, la Bavière s’en tire. L’erreur a été d’accepter la pensée anglo-saxonne : max money and max risk, in minimum time ! Ses conséquences sociales sont acceptées dans le monde anglo-saxon mais pas ici. Pourtant, en France et en Allemagne, le « casino » est déjà ré-ouvert, la politique américaine reste dominée par Wall Street, et la prochaine bulle se forme déjà ! Les salaires extravagants ne sont pas acceptables en Allemagne.

L’Europe devrait retrouver une pensée à long terme et sortir ses propres régulations de sécurité. Think noble and act noble.

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Après déjeuner, nous nous rendons à l’Institut Culturel Français, où le Consul général adjoint Guillaume Audren de Kerdrel, nous a organisé une grande table ronde avec beaucoup de professionnalisme et de gentillesse.

Table ronde à l’Institut Culturel Français 

Pascal Filiu-Derleth, Directeur de l’Institutculturel : Munich, métropole culturelle

Munich compte parmi les métropoles européennes. En tant que capitale royale d’un « Etat libre » à l’identité très affirmée, Munich possède des institutions historiques puissantes, en particulier un opéra au budget de 130 millions d’euros, plusieurs théâtres prestigieux, trois pinacothèques qui constituent un des ensembles les plus importants d’Allemagne consacrés à la peinture ancienne, classique, moderne et contemporaine et récemment le musée Brandhorst.

L'Etat de Bavière consacre chaque année près d'un demi-milliard d'euros à l'art et à la culture, finançant la protection des monuments historiques, les très nombreux festivals tels que Bayreuth – Wagner -, Würzburg –Mozart -, et Nuremberg – festival d’orgue -, des orchestres réputés, de très nombreux théâtres, opéras, musées et édifices classés.

A Munich même, le Gasteig est le plus grand centre culturel d’Allemagne, avec 6000 visiteurs par jour ; il abrite la plus grande école du soir d’Europe, la plus grande bibliothèque municipale d’Allemagne ainsi qu’un orchestre philharmonique. Le Filmfest est le 3ème festival d’Allemagne et le cirque Krone, un des plus grands cirques d’Europe. Munich est aussi la capitale de l’édition en Allemagne, et certaines grandes entreprises comme Siemens et BMW, sont extrêmement actives en matière de mécénat.

L’offre culturelle est d’une grande diversité. Selon Heinrich Heine, "Munich est lovée entre l’art et la bière comme un village entre deux collines". Lors de l’Oktoberfest –6 millions de visiteurs-, les Dirndl et culottes de cuir sont portés par référence à un passé agricole, mais par des urbains qui s’en amusent, dont des Asiatiques et des Africains !

Munich a également développé tout un ensemble d’institutions s’adressant aux jeunes générations, dont un grand nombre de clubs de musique électronique et la plus grande discothèque du sud de l’Allemagne. Cette culture est parfois teintée d’éléments « alternatifs », un peu analogue au phénomène bobo à Paris.

Jean-Luc Steffan, Attaché de coopération scientifique et universitaire : Enseignement supérieur, Recherche, Innovation

Dans le domaine de l’enseignement supérieur la Bavière dispose de  9 universités d’état, 1 université militaire  et 1 université catholique et 17 écoles supérieures spécialisées auxquelles auxquels il faut ajouter divers autres instituts supérieurs : beaux arts, musique, théâtre, techniques du cinéma et de la télévision, institut supérieur d’études politiques, institut supérieur d’administration publique. 270 000 étudiants y étudient. 

Les deux établissements les plus importants sont la Ludwig-Maximilians-Universität München = LMU (45 000) et la Technische Universität München =TU München, avec 24 500 étudiants. Ilsoccupent les rangs 55 et 57 dans le dernier classement dit de Shanghai (premières universités allemandes de la liste).

La France est au premier rang des partenariats avec les universités bavaroises (près de 400 partenariats). La Bavière compte une quarantaine de doubles-cursus bi-diplômant entre établissements bavarois et français (pour environ 180 double cursus franco-allemands recensés), dont la plupart sont labellisés par l'université franco-allemande (UFA).

Pour l’année 2008/2009 : 750 étudiants bavarois ont  étudié au moins un semestre à l’étranger dans un établissement d’enseignement supérieur (Erasmus ou DD), et 560 Français en Bavière.

Dans la recherche universitaire, la Bavière a un excellent positionnement international, la TU München et la LMU ont été distinguées pour leur recherche de pointe dans le cadre de la fameuse « initiative d’excellence » menée au niveau fédéral sur 6 ans (2006-2011). En tout ce sont 9 universités allemandes qui ont ainsi été distinguées.

La recherche extra-universitaire en Bavière est tout aussi brillante :

·         3 InstitutsHelmholtz  (physique des plasmas, un centre du DLR -Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt-, un centre pour l’environnement et la santé)

·         12 Instituts Max-Planck, (Psychiatrie, Physique, Neurobiologie, Biochimie, Optique quantique, Astrophysique, Droit d’auteur et de la compétition)

·         7 Instituts Fraunhofer, (Commutations intégrées, Fiabilité et micro-intégration, Systèmes intégrés et technologies des éléments de construction, Recherche sur les silicates, Système des techniques de communication, physique du bâtiment, Technologie des procédés et emballages)

·         5 Instituts Leibniz(chimie alimentaire, Deutsches Museum, Musée national germanique, Institut de recherche économique, Institut d'histoire.

La Bavière était en 2008 au deuxième rang pour le dépôt de brevets en Allemagne : 27,5% (soit 13528 brevets déposés). C’est d’ailleurs à Munich qu’est le siège de l’Office européen des brevets.

Citons quelques points forts de la recherche bavaroise : 

  • Les biotechnologies : avec les campus de Martinsried (santé humaine), Weihenstephan (agronomie, environnement et alimentation)
  • La physique nucléaire et quantique sur le campus de Garching : la source à neutron de la Technische Universität München est devenue la seconde installation de ce genre en Europe après l’institut Laue-Langevin de Grenoble
  • le diabète, avec la création au centre Helmholtz de Munich d’un nouveau centre national pour la recherche sur le diabète ; l’état fédéral y investira plus de 300 millions d’euros.
  • la physique de la lumière, avec un nouvel institut Max Planck à Erlangen. L’état de Bavière contribue à hauteur de 66,5 millions €.
  • la maladie d’Alzheimer. Un réseau européen pour son étude devrait voir le jour en Bavière sur le site de Großhadern-Martinsried à Munich.
  • enfin l’extension du centre de calcul « Leibniz » (« LRZ ») à Garching, avec un calculateur de nouvelle génération en 2011, devrait donner naissance à l’un des plus grands centres de calcul en Europe. La Bavière contribuera pour 55 millions d’euros à ce projet.

Dans le domaine de l’INNOVATION, le gouvernement de Bavière a lancé en 2006 le programme « Cluster Offensive Bayern » pour encourager, sur le modèle des pôles de compétitivité français, les synergies entre les différents acteurs de l'innovation : 19 clusters thématiques réunissent plus de 6000 entreprises. Un rapprochement avec les pôles français a été marqué en avril 2008 à Munich par le premier forum franco-bavarois de l'innovation et de la compétitivité autour de thématiques communes (les TIC, le spatial, les nouveaux matériaux et l'énergie).

La Bavière investit 2,9% de son PIB dans la recherche et l’innovation et prévoit de porter ce pourcentage à 3,6% d’ici 2020.

La COOPERATION FRANCO-BAVAROISE : le Bureau de coopération universitaire (BCU), avec l'Attaché de coopération scientifique et universitaire, et le Centre de coopération universitaire franco-bavarois contribuent à la mise en place de partenariats et animent différentes initiatives, dont l'université d'été franco-allemande, qui a réuni en juillet 2009 une trentaine de jeunes chercheurs autour du thème « L'avenir de la mobilité ».

Jean-Pierre Théraud , Attaché de Presse et de Communication : L'économie bavaroise et "la sortie de crise" (notes de Philippe Marchat) 

Presqu’aussi grand que les régions PACA et Rhone-Alpes réunies (quelques 70 milliers de km²) et légèrement plus peuplée (12,5 millions d’habitants), la Bavière représente près de 20 % de la surface de l’Allemagne et 15,2 % de sa population (82,2 millions). Avec 446 Mds d'euros en 2008, elle a créé 18% du PIB de la République fédérale. 6,6 millions d'actifs y ont contribué. 31,5% du PIB bavarois ont été créé par son secteur manufacturier, fortement orienté vers les technologies de pointe, dépassant de loin les 18,7 % de l'ensemble allemand, tandis que son secteur tertiaire, qui regroupe commerce, transports, organismes financiers, d'assurances et services divers, correspond à la moyenne allemande, 17,5%.

Les exportations ont, pour la quinzième fois consécutive, atteint en 2008 un niveau historique de près de 156 Mds d'euros, 15,7 % de celles de l'Allemagne. Tournées pour plus de 61 % vers l'Union européenne, le reste se répartissant dans le monde, elles ont eu, en 2008, pour premiers clients les Etats-Unis, l'Autriche, l'Italie, et, au quatrième rang, en légère croissance, la France. Les importations, de 130 Mds d'euros, soit 16 % du total allemand, ont laissé un excédent de 26 Mds qui, comme le taux élevé (48 %) des exportations, confirme à la fois la forte orientation sur l'étranger et la grande compétitivité de l'industrie bavaroise. Après sa voisine l'Autriche, les principaux fournisseurs sont, par ordre décroissant, la Chine, l'Italie, les Etats-Unis, la République tchèque, et, en septième position cette fois, après une baisse de 1,7 % en 2007, la France.

Ces résultats tiennent également à la proportion, plus forte en Bavière qu'en Allemagne dans son ensemble (47,2 %), d'actifs (50,3 %), et de professions indépendantes (12 % contre 10,7 %). La dynamique d'embauche y est supérieure à la moyenne fédérale, ce qui explique le nombre record de 4,5 millions de salariés sur 6,64 millions d'actifs, ainsi qu'une situation de l'emploi favorable.

En 2008, ce Land méridional avait le plus bas taux de chômage : 4,2 %. Il n'était pour les chômeurs de longue durée que de 2,5 %, contre 10 % à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie orientale. Pour les jeunes, ce taux, de seulement 3,6 %, était le plus faible de tous les Länder, grâce, notamment, à la convention signée entre l'organisation patronale Bayerische Metall-und Elektroindustrie et le syndicat IG-Metall Bayern, destinée à multiplier les postes d'apprentis. Elle prévoit à cette fin un engagement volontaire des salariés à contribuer au financement de la moitié de la rémunération brute totale d'un apprenti, soit en moyenne 40 000 euros, le patron finançant l'autre moitié. En cas d'insuffisance de cette part salariale, limitée à 0,1 % du salaire brut annuel, le patron se charge de la compléter. Ce modèle a permis de créer 1115 postes d'apprentis en 2007.

La Bavière a été, à son tour, frappée en octobre 2008 par la récession. Le chômage a cru de 25 % en un an, et l'amortisseur bénéfique qu'est le chômage partiel (l’Etat fédéral finance la moitié des salaires) touchent maintenant aux limites des budgets publics et des trésoreries d’entreprises, alors que se réduisent leurs chiffres d'affaires. Cinq axes ont été retenus pour retrouver la croissance. Ils visent à réduire la pression fiscale pesant sur les entreprises, à les libérer des entraves bureaucratiques, à encourager l'investissement et l'innovation pour leur permettre de gagner de nouveaux marchés, à soutenir l'éducation, la formation professionnelle et la recherche, et, enfin, à développer et moderniser, les infrastructures.

Les grandes lignes de la loi de finances rectificative 2010 retenus par le Parlement bavarois prévoient une enveloppe de 5,7 Mds € au titre des investissements et une augmentation des dépenses sociales consacrées aux familles et à l'éducation – celles destinées à l'école passant de 8,9 Mds en 2009 à 9,3 Mds en 2010 ; de 2008 à 2011, l'éducation, la recherche et les technologies recevront 1,7 Md d'euros, et, d'ici 2020, les dépenses des deux secteurs public et privé en faveur de l'emploi et de la recherche devraient atteindre 3,6 % du produit national. Le financement prévoit la mobilisation de réserves d’un Md € et exclue un nouvel endettement. Ce qui devrait faciliter la "sortie de crise".

Nous nous déplaçons ensuite de concert à la Résidence du Consul Général de France, Monsieur Stéphane Visconti, qui nous accueille avec aménité.

 
    
Rencontre avec le Consul général de France Stéphane Visconti
D’emblée Monsieur Visconti rappelle que les relations de la France avec les Wittelsbach sont anciennes : ils ont donné à la France une reine, Isabeau de Bavière, même si elle n’a pas laissé un bon souvenir ; son frère, souvent à Paris, a beaucoup contribué au rayonnement de la France chez les Bavarois. La Princesse Palatine venait aussi de Bavière. Grace à Napoléon, la Bavière est devenue un royaume en 1806. Dans l’imaginaire collectif français elle jouit d’une image pittoresque et folklorique.
En réalité ce n’est pas un cliché : les Bavarois sont très attachés à leur ruralité, à la terre et à ses valeurs. Leurs représentants à Bruxelles défendent l’agriculture et les produits laitiers. La beauté des paysages et l’Oktoberfest font de la Bavière la première destination touristique en Allemagne et sont importants pour l’identité bavaroise. Elle a son propre parti conservateur, la CSU. Il y a donc une partie de réalité dans le cliché.
Mais c’est aussi un pays riche, performant et ouvert sur le monde. Elle a le chômage le plus bas d’Europe. 23.000 Français y vivent avec un des plus grands Lycées français d’Allemagne. Les grandes entreprises internationales, les universités d’élite, les instituts de recherche restent compatibles avec son attachement à la ruralité. Elle est un centre international majeur avec des rencontres au plus haut niveau de chefs d’Etat et de gouvernement : conférence sur la sécurité et récemment au consulat à Munich, en terrain neutre, des négociations discrètes entre les présidents d’Azerbaïdjan et d’Arménie.
Après la nomination du nouveau gouvernement allemand, A. Merkel est venue à Paris 4 heures après son élection à la Chancellerie, le 2 novembre, c’était le tour du ministre des affaires étrangères, G. Westerwelle ; le 9 novembre, N. Sarkozy était à Berlin et le 11 novembre A. Merkel à l’Arc de Triomphe. Tout ceci confirme le lien franco-allemand : il n’y a pas de révolution, mais ça a du sens. Le moteur franco-allemand est fondamental pour l’élaboration de compromis européens. Concernant  les défis diplomatiques importants, Moyen Orient, Afghanistan, Copenhague, les contacts franco-allemands sont extrêmement denses et positifs.
On parle souvent  d’un âge d’or passé des relations franco-allemandes, en fait, les difficultés étaient énormes : OTAN, zone d’influence etc… Lors de la crise financière, la presse a annoncé une collision entre l’orthodoxie budgétaire allemande et le gaspillage français, mais en réalité, l’Allemagne sait que la relance de la consommation s’impose pour sortir de la crise. Sur le problème linguistique aussi, il y a une augmentation substantielle de l’enseignement du Français depuis un an, quant au cinéma, il y a quinze à dix-sept coproductions de films par an au lieu de trois autrefois.
Le moteur franco-allemand n’a donc toujours rien de banal !
 
    
Le lendemain matin, cap sur le technopôle de Garching, en passant par les quartiers modernes voire futuristes du nord de Munich. Nous admirons en particulier les bâtiments de BMW et le nouveau stade Aréna, en forme de ballon de football !
Rendez-vous à l’ESO, European Southern Observatory avec Henri Boffin (notes de René Duval)
Henri Boffin, chercheur en astronomie nous rappelle que cette science est la plus ancienne de toutes. On ne connaît que 4%  de notre univers, comment comprendre les 96% restants ? L’astronomie a trois moyens à sa disposition : des télescopes, inventés il y a juste 400 ans par Galilée, les observatoires et la simulation numérique.
Les trois acteurs principaux : Etats-Unis-Europe - Japon ont créé 30 à 50 observatoires de taille internationale avec une dizaine de télescopes géants.
L’ESO a été créé en 1962 par la Belgique, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède. D’autres Etats s’y sont joints depuis. Sa raison d’être essentielle est de parer au manque d’observatoires européens dans l’hémisphère sud. Son budget s’élève à 130 millions d'EURO, principalement financé sur base d’une clé volontaire par l’Allemagne 22,5%, le Royaume- Uni 20,6%, la France 18%, l’Italie 14,5%. 650 personnes y travaillent dont 350 à Garching et 300 au Chili.
Pour de bonnes conditions d’observation, il faut une atmosphère pure et stable, pour réduire le scintillement, ainsi qu’un climat désertique (taux d’humidité inférieur à 5%, absence de nuages), d’où le choix de sites au Chili. Un premier observatoire a été installé en 1976 à LA SILLA, à 2400 m d’altitude, avec des télescopes de 3,6m de diamètre. Un deuxième observatoire plus puissant a été installé en 1998 à PARANAL à 2600m, dans le désert d'Atacama (l'un des plus arides du monde) avec 4 télescopes géants (VLT very large telescope) de 8,2 m de diamètre et des télescopes auxiliaires de 1,8 m de diamètres. Ils ont permis en particulier à une équipe franco- allemande de prouver en 2002 la présence d'un “ trou noir ” très important au centre de la voie lactée.
En 2003 a démarré  ALMA (Atacama Large Millimeter Array),  “ le projet des 4 continents ” : Asie (Japon + Taiwan), Europe (ESO), Amérique du nord (USA + Canada), Chili. Ce nouvel observatoire se situera à Chajorantor à 5000m d'altitude. Il étudiera le rayonnement provenant des objets les plus froids de l'univers. ALMA sera un observatoire unique avec des télescopes de nouvelle génération (ELT extreme large telescope) de 42m de diamètre. Les premières observations débuteront en 2011. Il sera pleinement opérationnel en 2018. Son coût a été évalué à environ 1 Md €.
A la fin de l’exposé de Henri Boffin, Eric Fossat, membre de l’ARRI et lauréat 2002 du Prix ARRI du Rayonnement français,  qui nous a fait l’amitié de nous rejoindre, nous donne un bref aperçu de ses recherches sur l’hélio-sismologie, étude des mouvements sismiques du soleil ; depuis 2000 il est le nouveau pionnier de l’astronomie en Antarctique.
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La suite de notre programme est touristique et culturelle !

Promenade dans Munich :

Le circuit de l’après-midi nous promène tant à travers l’histoire de la ville qu’à travers ses monuments.

D’abord le Moyen-âge, autour de la statue d’Henri le Bavarois,  Empereur d’Allemagne, et la Frauenkirche, la Cathédrale-halle avec ses deux grands clochers à bulbes. Dans les chapelles latérales, nous admirons de magnifiques exemples de cette statuaire médiévale et Renaissance en bois polychrome, typique de l’Allemagne du Sud.

Le château ducal gothique a été métamorphosé par les Princes-Electeur Maximilien 1er, Ferdinand-Maria et Max-Emmanuel en une somptueuse « Résidence » baroque. Elle a été encore agrandie par cet autre grand bâtisseur, le Roi Louis 1er, concepteur des quartiers classiques qui jouxtent la vieille ville. Le long de la  grande artère Maximilianstrasse, nous remarquons les vitrines des plus grands couturiers, Dior, Prada…

Dans la Résidence, nous visitons le Théâtre Cuvilliés, où deux jeunes chanteurs répètent Cosi fan Tutte. François de Cuvilliés est un des artistes les plus attachants de Munich. Ramené de Belgique comme « nain de cour » par Max-Emmanuel, celui-ci ne tarda pas à remarquer son talent de dessinateur et le nomma Maître en chef des Bâtiments de la cour. Ses stucs et lambris sculptés, chefs-d’œuvre de délicatesse et de bon goût, ornent les résidences princières de Munich.

Partout les marchés de Noël ! Nous finissons à la Marienplatz, le cœur de Munich.
 

Partie de campagne dans le sud de la Bavière :

Le soleil est de la partie ! En route, nous avons un aperçu des nombreux lacs, joie des Munichois en été. Charme des clochers à bulbe, des fermes aux façades peintes… Nous remarquons aussi les  panneaux solaires sur de nombreux toits, revenu d’appoint précieux pour les agriculteurs. Nous arrivons bientôt à Neuschwanstein, pétrification du rêve délirant du Roi Louis II dans le cadre somptueux des Alpes Bavaroises.  Nous poursuivons vers Oberammergau, avec ses ravissantes façades peintes, puis nous arrivons au cloître Ettal , parfait exemple de cet art baroque et rococo favorisé par l’Eglise, en réaction à l’austérité de la Réforme. La  luminosité et la légèreté, jusque dans l’exubérance, de ses couleurs et de sa statuaire,  l’harmonie des proportions de son immense coupole font d’Ettal un chef d’œuvre.
Nymphenburg

La dernière matinée est libre et permet à chacun de choisir ses visites : Pinacothèques, marché de Noël… Après le déjeuner, nous visitons  Nymphenburg, un des sommets de l’art de cour rococo. La grande salle blanche et or, avec d’immenses baies vitrées donnant sur le parc, est lumineuse et gaie. Nous passons à travers les pièces délicieusement décorées, où nous retrouvons l’ornementation du Maître Cuvilliés. Nous finissons par la Galerie des Beautés du Roi Louis Ier, qui fit peindre des plus belles femmes de son entourage, en particulier Lola Montès, qui faillit lui coûter son trône, et Lady Jane Ellenborough, aristocrate et aventurière, qui inspira à Balzac sa Lady Dudley du « Lys dans la Vallée ».

Encore quelques dernières emplettes gourmandes (les boudins blancs et la moutarde sucrée, spécialité locale !!!) et … Au revoir Munich ! 

Notes de Christiane et Andreas Hecker

ARRI – Cercle franco-allemand